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De Bordeaux à Varsovie : mon retour d’expérience après 3 mois chez Nord Security

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Qui dit début 2026 dit nouvelles résolutions. Certains veulent apprendre quelque chose de nouveau, d’autres veulent se mettre au sport. J’avais 25 ans, un CDI et pas d’enfant ni de maison alors j’ai décidé de relever un nouveau défi : partir travailler à l’étranger. C’était le moment ou jamais.

Je m’étais fixé trois objectifs : découvrir de nouveaux horizons, perfectionner mon anglais et rejoindre une entreprise à la pointe de la cybersécurité. Le 15 juin 2026, j’ai posé mes valises à Varsovie pour rejoindre Nord Security en tant qu’ingénieur DevSecOps.

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Un ancien collègue m’a demandé comment se passe cette nouvelle vie alors cet article est pour lui. J’ai toutefois préféré attendre la fin de ma période d’essai pour prendre la plume. Voici donc mon retour d’expérience, trois mois après : recrutement, préavis, administratif polonais, anglais au quotidien, retour à la technique et culture d’entreprise.

Pourquoi partir, et pourquoi Varsovie

L’envie de départ tenait en une idée : sortir de ma zone de confort, sur le plan personnel comme professionnel. Rencontrer de nouvelles personnes, pratiquer l’anglais chaque jour plutôt que quelques heures par mois, découvrir de nouveaux horizons. Aucune destination précise ne s’imposait donc : j’ai aussi bien postulé au Portugal qu’à Singapour ou en Thaïlande.

Illustration sur l'expatriation et le travail à l'étranger en cybersécurité

Sur le plan professionnel, je cherchais à renouer avec la technique au sein d’une entreprise de cybersécurité qui poursuit l’état de l’art. Nord Security (éditeur notamment de NordVPN, NordPass, NordLayer, Saily, Incogni, etc) recrute essentiellement en Lituanie et en Pologne.

Mon choix s’est porté sur la Pologne, dont la capitale m’avait été décrite en termes si élogieux que je tenais à juger sur pièce. Détail qui a son importance : je n’avais jamais mis les pieds à Varsovie avant de signer. Un vrai saut dans le vide.

Le recrutement : transparent de bout en bout

Tout est parti d’un message : une connaissance m’a transmis la page carrières de Nord Security, sur laquelle figurait un poste DevSecOps taillé pour mon profil. J’ai postulé dans la foulée.

Illustration du processus de recrutement transparent en Pologne
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Première bonne surprise, rien n’est laissé dans l’ombre : salaire, avantages, format du test et nombre d’entretiens sont communiqués d’emblée. Le processus se déroule en quatre temps :

  1. Un appel de préqualification de 30 minutes, pour vérifier motivation et mobilité (suis-je prêt à déménager ?).
  2. Un test technique à réaliser en autonomie (1 semaine).
  3. Deux entretiens techniques d’une heure, consacrés à ce test.
  4. Un dernier échange, au terme duquel arrive la proposition.

Passionnant et pertinent, le test m’a demandé beaucoup de temps et d’énergie, sans que je le regrette une seconde. Il a surtout conforté ma décision : je voulais rejoindre l’équipe capable de concevoir ce genre d’exercice.

Lors du premier entretien technique, j’ai été incapable de répondre parfaitement à au moins deux questions. Plutôt que d’en rester là, j’ai creusé ces sujets de mon côté, puis apporté des précisions lors du round suivant. La démarche a, je crois, été appréciée. Ne pas savoir n’a rien d’éliminatoire, ne pas chercher à savoir, probablement.

Mon conseil pour la recherche

Je n’ai pas fait la fine bouche sur la destination. Lorsque les recruteurs me demandaient où je souhaitais partir, je répondais en listant plutôt les pays que j’écartais : la Belgique et l’Allemagne, dans mon cas. Cibler un pays précis reste possible, mais restreint fortement le champ des opportunités. Or mes objectifs, qu’il s’agisse de l’anglais, de la technique ou du dépaysement, pouvaient être atteints dans la plupart des pays.

Le préavis : l’exception française

Trois mois environ se sont écoulés entre la signature et mon arrivée, essentiellement à cause du préavis. Si ce délai a d’abord semblé long côté Nord, l’équipe s’est montrée compréhensive.

Lettre de démission

En France, le Code du travail ne fixe aucune durée de préavis de démission : c’est la convention collective qui tranche. Pour un cadre, trois mois constituent la norme, comme sous Syntec, quelle que soit l’ancienneté. Chez nos voisins européens, le délai légal par défaut s’avère nettement plus court :

PaysPréavis de démission par défaut (salarié)Base légale
France (cadre, Syntec)3 mois, quelle que soit l’anciennetéConvention Syntec, IDCC 1486
Pologne2 semaines (< 6 mois d’ancienneté), 1 mois (6 mois à 3 ans), 3 mois (≥ 3 ans)Art. 36 Kodeks pracy
Allemagne4 semaines, au 15 ou à la fin du mois§ 622 BGB
Pays-Bas1 mois, quelle que soit l’anciennetéArt. 7:672 BW

Partout, le contrat ou un accord collectif peut allonger ces durées. Reste que l’écart de départ est net, et qu’un employeur étranger attend rarement trois mois un candidat. Mieux vaut l’intégrer à son calendrier, voire négocier une réduction avec son employeur actuel, dont l’accord reste indispensable.

S’installer : logement et identité numérique polonaise

Le logement

Trouver un appartement relève du parcours du combattant dans la majorité des capitales : à la barrière de la langue s’ajoute une demande soutenue. Varsovie attire en effet de grands employeurs de la tech et de la finance, de Google, qui y a implanté son centre de développement Google Cloud, à Goldman Sachs, JPMorgan ou Citi, qui y emploient des milliers de personnes (eFinancialCareers).

Google Cloud
J.P. Morgan
Goldman Sachs

PESEL et Profil Zaufany

Deux sésames sont à connaître avant d’arriver :

  • PESEL : le numéro d’identification national, composé de 11 chiffres. Impôts, santé, sécurité sociale : sans lui, rien ou presque n’avance.
  • Profil Zaufany (« profil de confiance ») : l’identité numérique gratuite délivrée par l’État polonais. Rattachée à vos prénoms, nom, date de naissance et PESEL, elle fait office de signature électronique auprès des services publics en ligne (Careers in Poland). Son activation passe soit par certaines banques polonaises, en ligne, soit par un point de vérification, en personne.
Profil Zaufany

Dans mon cas, les choses se sont compliquées. Le système n’acceptant que deux prénoms, mon identité, qui en compte davantage, a été mal enregistrée au guichet, déclenchant une cascade de bugs. Résultat : plusieurs mois de questions et d’allers-retours pour comprendre l’erreur puis la corriger, dont sept demandes en ligne et, pour finir, trois agents et vingt-cinq minutes au guichet pour débloquer mon Profil Zaufany.

Côté sécurité, l’épisode est instructif. Une identité numérique repose sur la cohérence de ses attributs d’un système à l’autre : dès lors que passeport, registre PESEL et banque ne stockent pas la même chaîne de prénoms, le rapprochement automatique échoue et tout bascule vers des vérifications manuelles. D’où ce conseil : contrôlez l’orthographe exacte de votre identité dans le registre PESEL avant toute autre démarche, et présentez-vous au guichet passeport en main.

La langue au guichet et à la banque

Tous les fonctionnaires polonais ne parlent pas anglais, et dans mon agence bancaire, personne ne le pratique. Il faut donc se débrouiller : solliciter des inconnus, s’appuyer sur Google Translate, Claude ou une autre IA, en prenant garde aux informations qu’on leur confie.

Blog cyber oblige, un point de vigilance : traduire des documents administratifs ou bancaires avec ces outils revient souvent à y coller PESEL, IBAN ou numéro de passeport. Anonymisez autant que possible au préalable, et vérifiez la politique de conservation des données de l’outil.

L’anglais, le QWERTY et un premier mois dense

Dans mes précédents postes, l’anglais se limitait à quelques heures par mois. Il rythme désormais chacune de mes journées.

Les deux premières semaines étaient éreintantes, tant parler une langue étrangère en continu mobilise d’énergie. J’y ai ajouté une difficulté de mon propre chef : abandonner l’AZERTY de toujours pour le QWERTY. Un choix, qui me tenait à coeur puisque je voulais être en mesure d’aider mes collègues sur leur poste, en peer review comme en debug et vice versa.

Clavier qwerty

Conjugué aux exigences d’un nouveau poste, ce cocktail a rendu le premier mois particulièrement intense. Dès le deuxième jour, plongé dans l’équipe, je ne saisissais rien du daily standup. Écouter, lire la documentation, multiplier les questions : la méthode a fini par payer, et l’intégration s’est très bien passée.

Autre atout de taille : les réunions sont rares et, lorsqu’elles ont lieu, utiles et souvent plus courtes que prévu. Personne ne cherche à remplir le créneau.

Le retour à la technique

Après une première journée d’onboarding remarquablement rodée, j’ai attaqué le concret dès le lendemain. Mon quotidien s’articule désormais autour de :

  • l’Infrastructure as Code (IaC) ;
  • le durcissement (hardening) d’infrastructure ;
  • le déploiement d’outils SAST et SCA, ainsi que la sécurité des conteneurs.
Illustration de la montée en compétences techniques en cybersécurité
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Je progresse sur tous ces fronts en parallèle. Il faut dire que je suis entouré de collègues au niveau technique remarquable, ce qui tire naturellement vers le haut. L’organisation y contribue largement, grâce à :

  • des sessions hebdomadaires de partage de connaissances ;
  • du temps réservé à la R&D ;
  • un plan de développement de carrière ;
  • une large place accordée aux preuves de concept et a leur implémentation/industrialisation.

Une anecdote résume bien cet état d’esprit. Lors d’une présentation, j’ai montré une manière de contourner un outil de sécurité open source. Dix minutes plus tard, l’équipe avait déjà créé le ticket pour durcir l’outil… et me l’avait assigné.

Culture de travail et vie à Varsovie

Premier contraste avec la France : les échanges sont nettement plus directs et francs, moins enrobés, moins politiques. Déroutant au départ, ce fonctionnement évite bien des malentendus. Quant au rythme, la semaine compte 40 heures, soit moins qu’un forfait jours de cadre (bien souvent) en France, mais ce sont 40 heures beaucoup plus denses (pas une ou deux heures de pause déjeuner le midi).

Le travail est hybride, et les locaux n’ont rien à envier aux meilleurs : bureaux assis-debout, fruits et snacks à disposition, barista et salle de massage.

Matcha latte au bureau
Matcha au bureau
Kabanos en main, vue sur les tours de Varsovie depuis le bureau
Pause kabanos avec vue sur Varsovie

La capitale est en pleine croissance au cœur de l’Europe : Varsovie dispose d’un métro récent et d’une communauté tech et cyber particulièrement active. Le polonais, lui, reste un sacré défi : je maîtrise quelques mots et formules de politesse, par respect pour mes interlocuteurs.

La Vistule et le Stade national de Varsovie au coucher du soleil
La Vistule et le Stade national

Bilan après trois mois

Aucun regret, bien au contraire, alors même que j’ai signé sans avoir jamais visité la ville. Je m’y projette désormais pour plusieurs années, et Safecode poursuit sa route depuis Varsovie.

Selfie devant le Palais de la Culture et de la Science à Varsovie
Le Palais de la Culture et de la Science, à portée de main

Je réalise qu’une expérience à l’étranger se valorise au même titre qu’une certification : à compétences égales, je comprends qu’un recruteur privilégie le profil qui a osé franchir le pas, que ce soit pour quelques mois ou quelques années.

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Commentaires

2 réponses à « De Bordeaux à Varsovie : mon retour d’expérience après 3 mois chez Nord Security »

  1. Avatar de EveAB
    EveAB

    Incroyable ton parcours Thibault ! 👏 Continue comme ca, profite de cette nouvelle vie et ne t’arrête jamais d’être la personne ambitieuse que tu es 💪

    1. Avatar de Thibault Feugère
      Thibault Feugère

      Merci Ève,
      Ni toi ni moi n’avons l’intention de nous arrêter de sitôt, je crois ⚡

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