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Fuite à la Fédération française de tir : 586 854 licenciés visés par une nouvelle revendication

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Le 17 octobre 2026, un vendeur a annoncé sur un forum cybercriminel la mise en vente de données de 586 854 personnes issues de la Fédération française de tir (FFTir). La fédération n’a pas confirmé cette fuite. Elle intervient un an après une intrusion avérée dans ses systèmes, suivie d’alertes sur de faux policiers se présentant chez des licenciés. Voici ce que l’on sait, ce qui reste à vérifier et ce que les licenciés doivent faire.

Que revendique le vendeur ?

Selon Cyberattaque.org, la vente est annoncée par un pirate se faisant appeler « ChimeraZ », qui désigne fftir.org comme source des fichiers. Les chiffres ci-dessous sont ceux du vendeur :

Chiffres revendiqués par le vendeur de la fuite de la Fédération française de tir
Ce que revendique le vendeur, non confirmé par la FFTir
  • Une archive d’environ 40 Go, pour 586 854 personnes tirées de 988 569 lignes. Le nombre de lignes n’est pas le nombre de personnes distinctes.
  • Environ 586 000 fiches de licence : numéro de licence, identité, club, catégorie sportive, mention d’un handicap pour le sport adapté, et adresse postale complète pour une partie des personnes.
  • Environ 400 000 enregistrements de première connexion et les données d’environ 1 600 clubs.
  • Environ 64 000 photos d’identité et environ 19 000 certificats médicaux ou badges de licence.

Ce qui est vérifié, et ce qui ne l’est pas

Rien n’est confirmé par la fédération à ce stade. Plusieurs médias ont toutefois vu des échantillons :

  • Cyberattaque.org dit avoir obtenu des échantillons, avec des enregistrements portant des dates de septembre 2026, dont une validation de licence.
  • Fuites Infos a analysé un échantillon de 300 lignes : 200 licenciés et 100 clubs alsaciens, dont 25 licenciés mineurs. La date et le lieu de naissance, la nationalité, les photos et les certificats médicaux n’ont pas pu être vérifiés.

Ce qui reste à établir : l’authenticité de l’archive complète, les chiffres annoncés, et la question centrale de savoir s’il s’agit d’une nouvelle intrusion ou de données déjà volées en 2025. Aucune des sources consultées n’établit de lien technique entre les deux. Le volume annoncé dépasse aussi le nombre de licenciés actuels, environ 300 000 selon Fuites Infos, ce qui laisse penser que d’anciens adhérents figurent dans les fichiers. FrenchBreaches évoque, dans une mise à jour, environ 250 000 membres actifs et 350 000 anciens.

Un point mérite attention : en 2025, la fédération avait indiqué qu’aucune donnée médicale, bancaire ou relative à la détention d’armes n’était concernée. Cyberattaque.org rapporte pourtant que la FFTir a confirmé que les certificats médicaux sont déposés dans son espace EDEN. Si l’archive contient réellement des certificats, il s’agirait de données de santé.

Rappel : l’intrusion de 2025

Chronologie de la fuite de la Fédération française de tir entre octobre 2025 et octobre 2026
Les deux épisodes, à un an d’écart

La FFTir a subi une intrusion entre le 18 et le 20 octobre 2025. Selon le parquet de Paris, environ 250 000 licenciés actifs et 750 000 anciens adhérents étaient concernés. Un jeune de 18 ans, soupçonné d’avoir participé à la fuite et à la revente des données, a été interpellé puis mis en examen en janvier 2026, comme l’a rapporté FrenchBreaches.

Le vrai danger : les faux policiers

Pour les tireurs, le risque le plus concret n’est pas le spam. Le 7 novembre 2025, Cybermalveillance.gouv.fr a alerté sur le fait que des malfaiteurs utilisaient ces données pour se faire passer pour des banques, des assurances, des opérateurs ou des forces de l’ordre, et pour repérer des domiciles en vue de vols par ruse ou par effraction, notamment pour s’emparer d’armes. Des tentatives avaient déjà été signalées, comme le rappelle la fiche de sensibilisation.

À Besançon, un vol d’arme a eu lieu le 13 novembre 2025 chez une ancienne licenciée, puis deux hommes se présentant comme des agents de la DGSI se sont rendus chez un particulier le 2 décembre et ont demandé à voir ses armes ; ils ont fui quand la victime a appelé la police, comme l’a expliqué Ma Commune. Le média ne cite aucune source établissant un lien avec la fuite, qui reste donc supposé. La police du Doubs rappelle que les visites à domicile chez les détenteurs légaux d’armes sont interdites en police administrative : toute entrée sous ce prétexte doit être considérée comme frauduleuse.

Autre élément de contexte, rapporté par L’Essor : le 8 avril 2026, le ministre de l’Intérieur a évoqué 20 à 30 cambriolages visant des détenteurs d’armes, « potentiellement liés » au piratage de 2025, leurs auteurs se faisant passer pour des policiers ou des gendarmes. La fédération affirme un lien direct avec des données vendues sur le darknet. Ce lien n’est pas établi par une source indépendante et ne concerne pas la revendication du 17 octobre.

Une précision importante : figurer dans un fichier de licenciés ne dit pas si la personne possède une arme, ni où elle la conserve, selon FrenchBreaches.

Les autres risques

  • Phishing et usurpation d’identité à partir des noms, adresses et coordonnées : faux emails de la fédération, d’un club ou d’une assurance.
  • Les mineurs, présents dans l’échantillon analysé.
  • Photos d’identité et certificats médicaux, s’ils sont réels : ils servent à fabriquer de faux dossiers et touchent à la santé des personnes.

Que faire si vous êtes licencié ?

  • En cas d’appel suspect : ne donnez aucune information personnelle (horaires de travail, congés, présence chez vous), notez le numéro affiché, raccrochez et appelez le 17. Selon Cybermalveillance, la police, la gendarmerie et la douane ne vous appelleront jamais pour venir chercher vos armes à cause de cette fuite.
  • En cas de visite : n’ouvrez pas la porte, demandez la carte professionnelle (format carte bancaire, avec photo) et appelez immédiatement le 17. En civil, un policier porte un brassard avec un numéro d’identification à 6 chiffres.
  • Emails et SMS : ne cliquez sur aucun lien. Passez par le site officiel de la fédération ou de votre club, et signalez les messages frauduleux à Signal Spam ou au 33700 pour les SMS.
  • Mot de passe : changez celui de votre espace licencié, et celui de tout autre service où vous l’avez réutilisé.
  • En cas d’usurpation d’identité : déposez plainte et conservez les preuves. Vous pouvez aussi saisir la CNIL.
  • Prévenez votre club et attendez les informations officielles de la fédération.

Que retenir pour les clubs et les fédérations ?

Le scénario technique évoqué par FrenchBreaches (un compte compromis sans double authentification, une faille de type IDOR, une détection pendant l’exfiltration) reste à confirmer officiellement. Quelle que soit la cause, les leçons sont classiques :

  • Activer la double authentification sur les comptes qui accèdent aux fichiers de licenciés.
  • Contrôler les droits à chaque objet : un compte ne doit voir que les fiches de son club.
  • Alerter sur les exports massifs et sur les accès inhabituels.
  • Conserver le minimum : les certificats médicaux et les anciens adhérents n’ont pas à rester indéfiniment dans les bases.

Sources : Cyberattaque.org, Fuites Infos, FrenchBreaches, Cybermalveillance.gouv.fr et Ma Commune.

Questions fréquentes sur la fuite de la Fédération française de tir

La fuite de la FFTir est-elle confirmée ?

Non, pas à ce stade. Il s’agit d’une revendication d’un vendeur sur un forum cybercriminel, avec des échantillons que des médias ont consultés. La fédération n’a pas confirmé.

Combien de personnes sont concernées ?

Le vendeur annonce 586 854 personnes pour 988 569 lignes. Ce chiffre n’est pas vérifié et inclut vraisemblablement d’anciens adhérents.

Mes certificats médicaux ont-ils fuité ?

Le vendeur affirme détenir environ 19 000 certificats médicaux et badges. Cela n’est pas vérifié. Surveillez les communications officielles de la fédération.

Que faire si de faux policiers se présentent chez moi ?

N’ouvrez pas, demandez la carte professionnelle et appelez le 17. Les forces de l’ordre ne viennent pas récupérer des armes à cause de cette fuite.

Cette fuite est-elle liée à celle de 2025 ?

Aucune des sources consultées ne l’établit. Il peut s’agir de données volées en 2025 ou d’une nouvelle intrusion : l’enquête devra le dire.

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